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Stella
Recettes2 min de lecture

Les trofie al pesto

Le pesto, et le basilic que ma mère soignait comme un enfant

Ingrédients
pour 4 (pour ~480 g de trofie ou trenette)
Portions
4 (pour ~480 g de trofie ou trenette)
Préparation
20 min, à la main
Difficulté
Facile (il faut juste de la patience)

Enfant, les pâtes au pesto étaient le plat de la hâte. Aujourd'hui, c'est celui auquel je consacre le plus de temps. La recette n'a pas changé : c'est moi qui ai changé, et la place que ce plat a prise dans ma vie.

Ma mère cultivait le basilic sur la terrasse, et le soignait comme un enfant. Elle achetait les plants au marché d'Oneglia, le mercredi ou le samedi, et à partir de là c'était une surveillance constante du soleil, des pots qu'on déplace, des plus grandes feuilles qu'on ôte pour laisser les petites, les bonnes.

Puis, au bon moment de l'année, quand le basilic donnait le meilleur, elle faisait des réserves : elle préparait le pesto en quantités industrielles et le congelait dans une rangée de petits pots. Moins frais, je le sais très bien. Mais dans une famille il faut être pragmatique, et ces pots étaient le secret des déjeuners pris à la course.

Les étals de légumes, au marché d'Oneglia.Les étals de légumes, au marché d'Oneglia.

Enfant, ça marchait ainsi : on décongelait un pot, on jetait les pâtes, dix minutes et on était à table. Rien de solennel : la chose rapide de quand on n'avait pas le temps d'y penser.

Aujourd'hui, au contraire, je le savoure : c'est le plat du dimanche, fait frais, tranquillement, quand j'ai du temps à y perdre. Ce qui, enfant, voulait dire « fais vite » est devenu celui sur lequel je vais le plus lentement.

Et voici ce que ma mère savait parfaitement, mais à quoi elle renonçait par praticité : le pesto, le vrai, ne se mixe pas. Il se pile : « pesto » vient de là, de pestare, piler.

Le mortier écrase le basilic doucement, à froid, et en fait sortir les huiles sans les chauffer : il reste vert brillant, doux, très parfumé. Le blender, lui, coupe, et les lames qui tournent chauffent : ce peu de chaleur oxyde le basilic (il vire au sombre et devient un peu amer) et « cuit » les arômes les plus délicats.

Voilà pourquoi le mortier est meilleur. Ce n'est pas du snobisme : c'est de la délicatesse.

Le pesto se pile : basilic, gros sel et huile dans le mortier de marbre.Le pesto se pile : basilic, gros sel et huile dans le mortier de marbre.

Cela dit, le mortier, je ne l'ai pas non plus à la maison, et pendant des années le blender de ma mère a sorti un pesto délicieux. Si c'est votre voie, suivez le conseil ci-dessous.

Mais si vous êtes ici, au bord de la mer, en vacances, mon conseil est un seul : faites-le frais. C'est le moment parfait : vous avez exactement le temps qui, en semaine, ne restait jamais à ma mère.

Descendez au marché d'Oneglia, où les étals de légumes embaument déjà de loin, et prenez un bouquet de basilic, ou un plant à garder sur le rebord de la fenêtre et à utiliser au fur et à mesure. Puis faites-le sur place : sur des trofie, sur des trenette, ou juste pour assaisonner à la volée une pâte fraîche achetée en bas. Le pesto pilé frais, dans une cuisine qui sent la mer, c'est une autre histoire que le petit pot.

Trofie al pesto avec pommes de terre et haricots verts, comme on fait par ici.Trofie al pesto avec pommes de terre et haricots verts, comme on fait par ici.

La vraie recette est simple : basilic, deux fromages (le parmigiano pour la rondeur, le pecorino pour le caractère), pignons, ail, une bonne huile taggiasca, gros sel. Méthode et variantes ci-dessous.

Car la façon de ma mère, plus qu'une variante, était une philosophie : ôter le superflu. Pas de pignons, aucun ajout : juste des pâtes et du pesto. Le basilic et le fromage, disait-elle, suffisent. Elle avait raison plus souvent que je ne le lui accordais.

Quand je le fais le dimanche, lentement, je sens encore l'odeur du basilic de cette terrasse. Le plat qui était autrefois « celui de la course » est devenu celui dont je prends le plus soin. Si vous êtes ici, offrez-vous la version lente : c'est le bon endroit pour ça.

Préparation
  1. 1Nettoyez le basilic avec un linge humide, feuille par feuille : l'eau est l'ennemie du pesto. Si vous devez vraiment le laver, séchez-le très soigneusement.
  2. 2Dans le mortier, pilez l'ail avec quelques grains de gros sel, jusqu'à obtenir une crème.
  3. 3Ajoutez le basilic peu à peu avec une pincée de sel, en tournant le pilon contre les parois (sans frapper) : un liquide vert brillant doit se former.
  4. 4Ajoutez les pignons et pilez encore, jusqu'à une pâte homogène.
  5. 5Incorporez les deux fromages râpés et mélangez.
  6. 6Versez l'huile en filet, toujours en tournant, jusqu'à ce que le pesto soit souple et brillant. Goûtez et rectifiez le sel.
  7. 7Faites cuire les pâtes, gardez une louche d'eau de cuisson, et liez le pesto à froid (jamais sur le feu), en le détendant avec un peu de cette eau.
L'astuce de Gianluca
Si vous utilisez un blender au lieu du mortier : mettez les lames et le bol au congélateur 10 minutes et mixez par à-coups courts. Le froid empêche le basilic de s'oxyder et de devenir amer.
Variantes
Les bons formats
Les trofie sont le classique, mais le pesto est tout aussi bon sur les trenette et les linguine, sur les gnocchi de pommes de terre, et les jours de fête sur les mandilli, les fines lasagnes ligures. Évitez les formats courts et lisses : ils ne le retiennent pas.
Alla genovese, avec pommes de terre et haricots verts
La façon traditionnelle : faites cuire dans la même eau que les pâtes une pomme de terre en dés et une poignée de haricots verts. C'était le plat complet d'autrefois, et il lie le tout.
Sans pignons (la version de ma mère)
Elle ôtait tout le superflu : pas de pignons, aucun ajout. Juste des pâtes et du pesto, plus herbacé et direct. Et ça marche.
Peu ou pas d'ail
Si l'ail vous reste sur l'estomac, une demi-gousse ou rien : le basilic et le fromage suffisent. Certains l'ébouillantent un instant pour l'adoucir.
Au-delà des pâtes
Par ici, une cuillère de pesto finit dans le minestrone (alla genovese) ou sur une pomme de terre à l'eau. Il ne vit pas que sur les pâtes.

Où le trouver

  • Marché d'Oneglia
    Basilic frais (petites feuilles parfumées) et légumes de saison. Un bouquet suffit pour le pesto ; ou prenez un plant et gardez-le sur le rebord de la fenêtre.
    Oneglia (Imperia), le mercredi et le samedi matin (Piazza Goito/Marenco)
  • Une bonne huile taggiasca
    Le pesto vit sur l'huile : taggiasca ligure, douce et non amère. À Oneglia, l'huile est une affaire locale (Carli) ; ou un moulin de la Valle Impero.
    Imperia et les vallées de l'arrière-pays
Gianluca, hôte
A grandi à Oneglia. Écrit sur ce qu'il connaît.